006 Tu dois rien savoir, nous non plus !

J’attendais depuis des mois de prendre connaissance des documents concernant ce qu’il faut bien appeler maintenant « mon affaire ».
Je ne dispose que de la copie de l’examen médical aux Urgences Médico-Judiciaires.
On m’a expliqué qu’il fallait attendre que le dossier soit remis au Parquet. Il y est depuis fin juin 2006.

Je suis donc parti, confiant, au Palais de Justice pour prendre copies des documents : les textes de ma plainte, celle de mon frère et la déposition de ma mère.
Et de la mienne, puisque je m’attends à des surprises entre ce que j’ai dis et ce que je lirai.

Après avoir eu le mal habituel à trouver quelqu’un capable de me renseigner, j’eus moins de mal que d’habitude à trouver une deuxième personne pour m’expliquer en quoi le premier s’était trompé.

Je me retrouve dans un service (j’ai oublié le nom), à côté de l’Ordre des Avocats. J’y apprends que je n’ai pas le droit d’avoir des copies, parce que je suis « prévenu ». Ah. Pas con, leur système du type « présumé innocent ». Il y a un manque de logique quelque part.
De ma plainte, point.

On m’explique que je dois attendre la convocation au procès, et qu’alors j’aurais droit à un avocat commis d’office. Inutile donc de faire une demande d’aide judiciaire.
– mais je ne veux pas attendre d’être convoqué pour avoir un avocat ! Si je prenais un avocat à mes frais, il pourrait avoir connaissance du dossier immédiatement !
– vous recevrez la convocation un ou deux mois avant le procès.

Je suis donc considéré comme un agresseur, donc déjà jugé, dès le commissariat, et « prévenu », sans savoir ce que l’on me reproche : avoir raté mon bacc., battu mon père spécialiste du combat rapproché… ! Effrayé mon frère, ma mère, avec une arme d’auto-défense…
Enfin, il y aura une médiation, je suppose, et je suis bien le seul à avoir un constat de coups et blessures, établi par les Urgences Médico-Judiciaires.
Et puis, ma mère pourra témoigner.
Je rentre chez moi, les mains vides, comme tout prévenu, en colère. Je téléphone au commissariat du 30 rue Hénard, 75012.

J’avais décidé de leur dire qui était réellement mon petit frère, un brillant millionnaire (en $ seulement), parce que fanatique de l’illégalité lucrative.
Qu’il se vantait depuis des décennies de ne jamais payer d’impôts. Comme je ne croie pas trop à cette vantardise, je l’ai seulement évoquée.
Je voulais leur peindre un tableau de mon frère, qui a eu son bacc., lui, a brillamment réussi dans la vie, lui, et surtout leur dire avec quel brio.

Décidé à lâcher le morceau ! J’aurais dû détester mon frère beaucoup plus tôt, après tout, c’était mon devoir de le dénoncer. Qui a connaissance d’un délit, en est complice s’il ne le signale pas à la justice. Et la peine est la même pour le complice que pour l’instigateur.
Mea culpa.
Au téléphone, l’agent du commissariat renâcle à me recevoir, et ne semble pas comprendre ce que je veux exactement.
Alors, une idée :
– j’ai des aveux à faire !
– ah ! Eh bien ! Venez.
Le lieutenant M me reçoit. J’étais un peu brouillon, et commence à raconter ce que je sais, en commençant par les indemnités de chômage perçues par mon frère alors qu’il était à la tête de son entreprise US.
Pas tout à la fois.
Pour les corruptions de fonctionnaires à coups de sacs marins poussés sous la table des négociations du maire de Lyon, on verra plus tard.
Pour la mission au Yémen déguisées en
vacances, aussi.
Le voyage éclair à New York en Concorde « C’est quand même impressionnant« …
Le lieutenant M m’écoute patiemment, muet, visage inexpressif, yeux lointains et pensifs.
Surprise, je vois Tête-plate qui apparaît dans le bureau. C’était le flic qui m’avait reçu pour faire semblant d’enregistrer ma « plainte pour coups et blessures ». Je ne connais pas son nom pisqu’il avait gardé ma « plainte ». Il écoute également sans rien dire, en tournant en rond autour du bureau, se faisant discret (donc toujours de face).
J’étais en train d’expliquer que mon petit frère touchait son chômage en Floride, en 1984-85.
Comme le lieutenant M restait lui-même, c’est-à-dire impassible, impavide, etc., j’ajoute : « je sais, il y a prescription. Mais je voulais vous expliquer quel genre d’individu c’est, ce frère qui veut sauver sa mère de mes envies de meurtre ».
– mais vous deviez faire des aveux.
– ah oui ! C’est moi qui signais les cartes de chômage !
Ils s’attendaient peut-être à ce que j’avoue que le stun gun me manquait, que je parcourais les rues sans pouvoir foudroyer personne, même pas ma mère. Donc, je comprends l’esquisse d’expression déçue de double-baffé, celui qui m’avait reçu au commissariat pour l’anniversaire de ma mère. Toujours silencieux, celui-ci continuait de tourner en rond, l’air préoccupé, indispensable, sans parler.
Je me demandais ce qu’il venait espionner. Il ne me semblait pas que le lieutenant Mr l’ait sonné, malgré son air absent.
Finalement, le lieutenant M me fait comprendre d’une voix atone et neutre, le visage calme et inexpressif, livrant le fond de sa pensée en cessant de regarder au loin pour conclure :
– tout ce que vous me dites n’a aucun rapport avec l’altercation avec votre frère. Je ne peux en tenir compte. Et le dossier est parti, c’est clos.
Bi-claqué s’éclipse, sans avoir jamais prononcé un mot.
Je salue le reste de la police et rentre chez moi. Pour réfléchir. Faire un bilan de ma situation.
a) Mon frère, quelques mois avant le décès de mon père, m’envoie un courriel pour m’écrire entre autre amabilités : « je te ferai interner le moment venu« .
C’est curieux.
b) Après le décès tant attendu de mon père, mon frère L’Innommable et ma soeur Luxerette, franco-américains vivant en Floride, s’allient pour persuader ma mère de ne pas déclarer à son notaire français, Me Jean-Pierre Brulon (de l’étude de Mes Bégon, Bonneau, Herbert, Bougeard SCP à Paris), l’ensemble de ses biens immobiliers bloqués en Floride.
Ils agitent devant elle le spectre de l’I.S.F., des impôts.
Il s’agit d’un appartement de grand standing, 325 000$, 2 terrains contigus et constructibles (4312$ chacun), l’argent de la vente d’une villa avec piscine déposé sur un compte américain (175 000$), le contenu de cette vaste villa.
L’accord sur les successions franco-américaines oblige à déclarer les biens mobiliers et les comptes bancaires en France, et conseille fortement de déclarer les biens immobiliers.
Ce faisant, ces biens ayant disparus de son patrimoine français, je serai obligé de me rendre aux Etats-Unis. Pour y louer les services d’un attorney pour réclamer le tiers de mon héritage, si par malheur ma mère partait rejoindre son mari avant mon départ pour un paradis bien mérité.
C’est pas de tout repos, ici-bas. Ou alors plus bas.
Elle refuse d’établir un testament aux Etats-Unis, ce qui réglerait le problème.
Merci à ma soeurette avocate pour son travail de sape ! Ma mère m’a lu sans vouloir me laisser toucher au document (!!), une copie du testament que mes parents avaient établi : tout revient à ma mère, dans le cadre du régime de la communauté universelle instauré en 1994. Une clause stipule qu’en cas de mort simultanée, ma soeur est nommée légataire universelle et doit tout vendre, partager « équitablement » en trois. A condition que je sois là ! Etre interné et sous camisole chimique serais l’idéal pour eux.
J’avais donné mon accord pour ce changement de régime matrimonial. J’étais même étonné que l’on demande aux enfants leur accord pour une opération qui me semblait naturelle.
Frère et soeur travaillaient déjà à un héritage à deux, prenaient leurs dispositions pour que je ne puisse pas aller, un jour, réclamer ma part d’héritage. Et prennent le contrôle de ma mère, pour « ses biens ». C’est eux qui décident pour elle.
C’est logique.
c) Je tombe sur mon frère par hasard le 23 avril 2006, dans la cour de ma mère. Il hurle dans l’oreille de ma mère, fait voler mes lunettes au loin en me foutant un coup sur la tempe, détruit mon parapluie. Puis il se met en garde pour me boxer, avance en sautillant vers moi, je recule. Alors, au moment où il allait me boxer, je sors mon stun gun et l’exhibe en l’air en le faisant claquer.
C’est ce simple geste qui est à l’origine de l’acharnement de la police, de la justice, pour décider que je suis « dangereux », à interner ! Ben, dis donc ! Si j’avais cette arme par précaution, c’est parce que ce doux frère avait déjà été condamné pour violences physiques (« battery »), en 1996 en Floride, pour avoir battu ma belle-soeur pendant son divorce.
Ce « je te ferai interner le moment venu » écrit avec la certitude qu’il me fera interner en HP est bizarre.
C’est ici que l’affaire familiale devient affaire nationale.
J’ai tout simplement découvert que l’état entier a obéi à l’Innommable, alors que ce cauchemar ambulant devrait être en prison. Il s’exprimait comme si l’état français et les services publics étaient à ses ordres.
D’ailleurs, au cours de l’hiver suivant 2006-2007, en vacances en Floride, ma mère avait demandé à L’Innommable, dans un accès de lucidité, de retirer sa plainte.
Il lui avait répondu avec assurance qu’il me ferait interner, point.
C’est injuste, ça vous concerne. Le Palais de justice est devenu le service juridique de Bouygues
d) Au commissariat, je suis traité comme un criminel.
Le lendemain, je fais constater les hématomes et plaies, rien à faire, je suis le « prévenu » le terrifiant agresseur.
Ma mère m’apprend que L’Innommable s’est démis une épaule et s’est fait opérer à New-York, à cause de la violence des coups de vélo qu’il m’a asséné. Pauvre petit. Une opération à 25 000$. Mon gâteau à 33€ (et mon parapluie à 5€, je suis le gagnant en points de l’altercation).
C’est ubuesque.
e) Au Palais de Justice, l’affaire n’a plus qu’à suivre son cours, les dés sont jetés, je suis « prévenu », bientôt « détenu », en tout cas foutu.
Je commençais à réaliser que mon frère fut un « employé très fidèle » de Martin Bouygues.
Lequel est un ami personnel du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Lequel est le chef de la police.
C’est pratique.
f) Enfin, Sarkozy n’était pas ministre de la justice, et la justice est indépendante des trois autres pouvoirs : législatif, exécutif et argent. Il y aura une médiation, paraît-il.
De plus, cela fait à peu près 2 000 ans que notre pays s’achemine vers « les droits de l’homme », et je ne vis pas en Chine, où ils n’y sont pas encore arrivé depuis 6 000 ans de civilisation.
Heureusement, je suis citoyen du pays des droits de l’homme.
Ce sera chouette, la 6ème République.
ooooOoooo
Suite : 0008 Raising funds (lever des fonds)
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A propos patricehenin

en retraite sans capitulation
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